Lors des dernières vacances de mars, je pensais profiter de notre séjour nivernais pour retourner voir certains sites avec les enfants et actualiser nos photos. Malheureusement, une météo peu clémente a réduit nos envies touristiques.

Dans cet article, je vais vous présenter le centre du département, valloné, entre le Val de Loire à l’ouest et le Morvan à l’est (qui sera le sujet du troisième et dernier article de cette série).

Au nord du département, à la frontière avec l’Yonne, se trouve la très jolie ville médiévale de Clamecy. Clamecy est une petite ville que j’aime beaucoup, notamment pour son riche passé historique. Clamecy a été le siège de l’évêché de Bethléem pendant plus d’un demi-siècle, de la fuite de Palestine de l’évêque de Bethléem au XIIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle.

Le faubourg et l’église Notre-Dame de Bethléem

Un autre pan passionnant de l’histoire clamecyçoise est celle des flotteurs de bois. Les flotteurs étaient ceux qui convoyaient des « trains », c’est-à-dire de grands radeaux de troncs d’arbre liés entre eux, de l’Yonne à la Seine jusqu’à Paris. Du XVIe au XIXe siècle, ces hommes vont ainsi acheminer du bois de chauffage depuis le Morvan jusqu’à Paris pour pallier la surexploitation des forêts franciliennes. Après onze jours sur le « train », le flotteur rentrait à pied de Paris à Clamecy (200 km). Les rencontres parisiennes et dans les autres villes traversées ont permis aux flotteurs de découvrir d’autres milieux et, notamment, d’autres opinions politiques qui feront de Clamecy, une ville rouge, partisane d’une République démocratique et sociale en 1848.

Le 2 décembre 1851, le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, président de la Seconde République, met fin aux espoirs d’une république sociale. Paris se résigne mais de petites villes des régions rouges (centre et sud-est de la France) se soulèvent et résistent à la forfaiture de celui qui avait juré de respecter la Constitution. Clamecy se soulève dès le 4 décembre. D’autres villes de la Nièvre rejoignent la résistance au coup d’État. La répression sera terrible et donnera lieu à une oppression durant tout le Second Empire. Les principaux républicains sont arrêtés, emprisonnés, déportés à Cayenne ou en Algérie, surveillés en permanence. L’administration impériale restera sur le qui-vive pendant vingt ans, soupçonnant des complots et des sociétés secrètes.

De Clamecy, il est indispensable d’aller dans le département de l’Yonne,à 20 km de là, à Vézelay (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO). Petit village médiéval perché sur une colline, Vézelay était le point de départ d’une des principales voies de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

La Basilique Sainte-Marie-Madeleine est superbe et impressionnante et est un monument majeur de l’art roman. La petite ville de Vézelay jouera même un rôle dans l’histoire médiévale mondiale puisque Bernard de Clairvaux y prêchera le départ en croisade (deuxième croisade au XIe siècle).

Pour revenir à la Nièvre, ce centre valloné du département possède de jolies petites villes comme Donzy, Varzy, Saint-Saulge ou Corbigny. Au sud de Corbigny, on peut découvrir les Voûtes de la Collancelle. Ce sont des tunnels perçés dans la colline de la Collancelle pour pouvoir aménager le Canal du Nivernais à la fin du XVIIIe siècle. On peut louer pendant quelques heures un bateau et découvrir ces canaux inattendus.

Plus vers l’ouest du département, les anciennes Forges royales de Guérigny sont une étape importante dans l’histoire industrielle nivernaise (et vous connaissez mon intérêt pour l’histoire industrielle…).

Guérigny, si loin de la mer, jouait un rôle-clé pour la Marine Royale, fabriquant notamment les ancres et les chaînes de ses bateaux.

Je n’ai malheureusement pas encore visité le musée Forges et Marines mais j’espère y remédier cet été.

Au programme aussi pour cet été, le Musée de la Mine à La Machine ! Si nous réussissons à visiter les deux, un petit article sur le patrimoine industriel de la Nièvre devrait voir le jour…

D’autres petites villes médiévales méritent le détour ainsi que deux châteaux (que je n’ai encore jamais visités !) : le château de Villemolin et celui de Corbelin.

J’espère que cet article vous aura intéressé et vous aura permis de découvrir le patrimoine du centre nivernais (et m’a donné envie d’approfondir la connaissance de mon petit coin de paradis).

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