Nevers est la préfecture de la Nièvre et l’ancienne capitale de la province du Nivernais. C’est une ville de taille moyenne (34 000 habitants) qui mérite le détour pour ses trésors médiévaux et Renaissance.

La ville a été fondée dans l’Antiquité, les recherches archéologiques ont même révélé des vestiges gallo-romains sous le palais ducal. Son nom latin était Noviodunum puis Nevirnum. C’est probablement l’ancienne Noviodunum Aeduorum, une place forte des Éduens citée par Jules César dans la Guerre des Gaules … à moins que cette dernière n’ait été située à Neuvy-sur-Loire. Le débat reste ouvert.

Au IIIe siècle, Nevers est mentionnée comme ville-étape dans L’itinéraire d’Antonin. Ce dernier est un guide de voyage qui décrit les étapes et les distances entre les villes dans une partie de l’Empire romain. Ce n’était, a priori, pas un guide de voyage pour particuliers, mais plutôt pour les marchands et l’administration romaine. C’est aussi le siècle de l’évangélisation de la ville, l’évêché est fondé au début du VIe siècle.

La ville médiévale

Sur la petite colline dominant la Loire fut d’abord construit un temple romain dédié à Janus. Sur ce site païen est édifié au VIe siècle une première église, dédiée à Saint Gervais et Saint Protais. Mais celle-ci se dégrade et au début du IXe siècle, l’évêque de Nevers, Saint Jérôme, prévoit de construire une nouvelle cathédrale.

Selon la légende, Charlemagne aurait alors réuni tous les évêques de son royaume et leur aurait notamment raconté un songe qui le préoccupait. Il avait rêvé qu’il était dans une forêt pour chasser quand tout à coup un sanglier furieux fonça sur lui. Heureusement, un enfant nu apparut à côté de lui et lui promit de le sauver s’il lui donnait un voile pour se couvrir. L’enfant chevaucha le sanglier et le dirigea vers Charlemagne qui réussit à le tuer de sa lance. Pour Saint Jérôme, le songe était clair, l’enfant était Saint Cyr qui demandait à ce qu’un toit lui soit donné : une cathédrale qui lui soit consacrée dans sa ville. Charlemagne approuva et donna à Nevers des terres et la somme d’argent nécessaire pour construire une cathédrale consacrée à Saint Cyr et à sa mère, Sainte Julitte. Les reliques de Saint Cyr et de Sainte Julitte furent amenées dans la cathédrale aux IXe et Xe siècles.

Mais en 1211, un incendie détruit en grande partie le bâtiment. Le choeur et le transept (de style roman) ont été moins touchés et sont donc conservés. Mais le reste de l’église est reconstruite en style gothique. La cathédrale est donc en style roman et gothique mais sans façade ouverte sur la ville. Elle subit de nouveaux incendies en 1228 et 1308 et est de nouveau reconstruite et remaniée. D’autres travaux se poursuivent jusqu’au bombardement accidentel du 15 au 16 juillet 1944 de la cathédrale et du centre ancien de Nevers. La reconstruction à l’identique durera vingt ans et sera l’occasion de mener des fouilles archéologiques sur le passé du bâtiment et du site.

Un article consacré à la cathédrale est en préparation.

Plan de la cathédrale : source

Nevers abrite aussi une église romane très bien conservée : l’église Saint-Étienne. Construite principalement au XIe siècle, elle est moins connue que la cathédrale mais est un patrimoine tout aussi riche de la ville. Plus d’informations dans l’article consacré à cette belle église romane.

Nevers était aussi le siège d’un prieuré clunisien : l’église romane Saint-Sauveur, construite au XIIe siècle. Vendue comme bien national à la Révolution, elle se dégrade, s’effondre en partie en 1838 et finit par être réutilisée comme entrepôt. Le reste de l’église est rasé. Aujourd’hui, seul ce portail et quelques arcs subsistent encore.

A la fin du XIIe siècle, Nevers est entourée de remparts. L’une de ses portes, la porte du Croux, est reconstruite entre 1394 et 1398, l’avant-porte date de 1422. La porte avait à la fois un rôle défensif et administratif de contrôle des marchandises et des marchands. Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, elle abrite le musée archéologique du Nivernais. D’autres vestiges des remparts sont visibles dans le centre ancien.

Mais la Nevers du Moyen-Âge se découvre aussi au hasard des rues, en admirant les maisons à colombages et ses belles demeures.

Certains noms de rues sont plutôt insolites comme la rue Casse-Cou ou…

La ville de la Renaissance

La Renaissance à Nevers est fortement lié au Palais ducal (XV-XVIe siècle). Commandé par Jean de Clamecy, Comte de Nevers, le palais est construit à l’emplacement d’une ancienne forteresse (1467-1480). Il est souvent considéré comme le premier château de la Loire.

Article d’architecture et d’histoire de l’art sur le Palais ducal

Henriette de Clèves, héritière du duché de Nevers, épouse en 1565 Louis IV de Gonzague, un prince italien naturalisé français. C’est lui qui fera venir à Nevers les faïenciers italiens (Augustin, Baptiste et Dominique Conrade) à la fin du XVIe siècle. Au XVIIe siècle, Nevers devient l’une des capitales françaises de la faïencerie, s’exportant même au-delà des frontières. Le Musée de la ville de Bruxelles expose par exemple de la faïence de Nevers et l’on y apprend que des faïenciers neversois avaient été invités à venir travailler et à former les faïenciers bruxellois.

Article sur le musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers

La ville des Temps Modernes

En 1660, le cardinal Mazarin achète le duché de Nevers pour son neveu Philippe Mancini. Ce dernier ne peut légalement se prévaloir du titre de duc de Nevers mais la fortune dont il a hérité de son oncle lui permet cependant de mener de nombreux travaux dans son duché. En 1734, le petit neveu, Philippe Mazarin-Mancini propose à la ville de Nevers de raser plusieurs portes médiévales à condition de construire de nouveaux bâtiments plus modernes portant les armes du duc. La porte médiévale des Ardilliers est démolie et remplacée par un arc de triomphe : la Porte de Paris (1742-1746). Cette dernière commémore la victoire de Louis XV à Fontenoy en 1745.

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La ville contemporaine

Pendant le XIXe siècle, Nevers voit sa population tripler, passant de 10 000 à presque 30 000 habitants. Elle est raccordée au réseau ferroviaire et se dote d’une gare en 1850. C’est un noeud ferroviaire régional qui permet à la ville de se développer.

Plan de Nevers (1878). Consultable ici.

La dimension religieuse reste très importante dans la ville puisque Sainte Bernadette entre au couvent Saint-Gildard à Nevers à l’âge de 22 ans (1866) et y décède treize ans plus tard. Son corps y est exposé dans une châsse de verre et de bronze.

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Nevers-1914
Nevers en 1914 (source)

Le long de la Nièvre et de la Loire

Nevers est marquée par sa localisation de confluent entre la Nièvre et la Loire. La ville ne s’est développée quasiment que sur la rive droite. Cependant, les deux rives sont reliées par trois ponts, dont le principal est le pont de pierre. Conçu en 1767, les crues retardent voire endommagent sa construction et il n’est fini qu’en 1832.

Le viaduc ferroviaire est mis en service en 1850. Il est détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruit à l’identique en 1946.

La Nièvre se jette dans la Loire au niveau du quai de Médine, en amont du pont de pierre. Les quartiers traversés (est de la ville) gardent un esprit bucolique qui rend leur visite très agréable.

Voici une petite partie de Nevers, de ses endroits à découvrir. C’est une visite à faire, notamment pour les passionnés du Moyen-Âge et des petites ruelles médiévales.

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