En semaine, ma vie se résume souvent à courir… de la maison au travail, du travail à la crèche et à l’école, de la crèche aux rendez-vous médicaux, etc. Le week-end, il y a les cours de natation du grand le samedi matin et celui d’éveil musical de la moyenne (heureusement en même temps) et surtout leurs propres invitations (goûter d’anniversaire, sortie, etc.). Le grand a gardé trois amis de la crèche (qui vont dans une autre école que lui) et qu’il ne peut donc voir que si nous nous organisons avec les parents. Il y a aussi les amis de l’école, les amis du club de natation. Bref, si on compte déjà les rendez-vous liés à la vie sociale des deux grands, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour voir nos amis. Un bon plan semble être de partir en vacances ensemble. Pour mes amis en France ou expatriés , c’est bien souvent la seule solution pour passer plus de quelques heures ensemble.

Mais si l’idée peut sembler excellente au départ, il y a quelques écueils à connaître pour éviter que le séjour ne se transforme en cauchemar. Nous avons tenté quatre fois l’expérience : la première fut catastrophique, les suivantes positives.

Voici donc les principaux points à vérifier entre amis avant de cliquer sur « réserver » !

1. Le logement

Deux solutions : vos amis vous invitent dans leur maison de campagne ou celle appartenant à mamie, tata, grand-frère ou c’est vous qui invitez dans votre maison ou celle de vos parents, de votre grand-oncle, etc. ou vous louez quelque chose. Dans tous les cas, le point le plus important est de ne pas être à l’étroit. 

Il faut compter un minimum d’une chambre par couple et d’une chambre pour maximum deux-trois enfants. L’idéal serait d’avoir une salle de bains par famille et au minimum deux WC. Si un couple ou des enfants logent dans le salon, il vaut mieux que celui-ci ne soit pas ouvert sur la cuisine, afin de pouvoir laisser les enfants ou les adultes dormir sans priver le/la matinal(e) de son premier café. La vie en communauté est fatigante et les enfants auront besoin de moments de calme pour se reposer ou d’une chambre où faire la sieste pour les plus petits.

Si c’est une maison empruntée à quelqu’un, est-elle adaptée à un séjour avec des enfants ? Est-ce qu’il y a toute une collection de bibelots fragiles ? Qu’en est-il de l’échelle de meunier permettant de passer du rez-de-chaussée à l’étage ? Les enfants auront-ils un espace où jouer et se dépenser ?

L’idéal : chacun son appartement de plein pied donnant sur une cour commune et privative (ou encore mieux un jardin). Ainsi, chaque famille a son propre espace, très pratique quand les enfants sont fatigués et/ou énervés mais les enfants et les adultes peuvent se retrouver quand ils en ont envie et sont prêts.

Pour notre première expérience, nous étions logés chez des amis qui avaient un trois pièces. Ils étaient quatre, nous aussi à l’époque. Notre grand était sensé dormir dans la chambre de leur grand, notre moyenne dans la chambre de leur moyen et nous dans le salon (ouvert sur la cuisine). Sauf que les deux plus jeunes (entre un an et un an et demi au moment du séjour) se sont mutuellement réveillés pendant la nuit et notre fille est donc arrivée dans notre lit vers trois heures du matin. Notre ami, lève-tôt et grand cuisinier, s’est réveillé vers six heures du matin pour nous préparer un petit-déjeuner digne des plus grands hôtels… mais en mettant la table dans le salon, la cuisine étant trop petite…

Le second point de discorde était…


2. Le rythme de la journée

Lors de cette première expérience, notre ami s’est levé à six heures… mais s’est recouché à sept et a dormi jusqu’à neuf heures ! Sauf que nous étions réveillés et incapables de nous rendormir car nos enfants sont habitués à se réveiller tôt. Nous étions donc dans un salon avec nos deux enfants à essayer de les occuper sans faire trop de bruit car le reste de la maisonnée dormait. Nous avions dormi à peine trois heures et avions faim…

L’erreur que nous avions commise était que nous ne nous étions pas rendus compte que nous avions un rythme complètement différent du leur. Depuis tout petits, nos trois enfants se réveillent très tôt : sept heures du matin le week-end est déjà un exploit pour nous. Et encore, ça va mieux. De zéro à trois ans, le grand s’est, tous les jours, réveillé à cinq heures du matin ! Conséquence, ils vont tôt au lit (entre 19h et 20h en semaine, 20h30 le week-end). Sauf que leurs enfants vont beaucoup plus tard au lit le week-end (22h-23h) et se lèvent vers 10h. Mais pour un séjour d’un long week-end, impossible de décaler les rythmes. Mon grand s’est donc endormi vers 23h comme son copain mais a continué à se réveiller à 6h, en restant ensuite coincé deux heures dans un salon (on n’avait pas eu de chance avec la météo en plus…). Un enfant fatigué, sans possibilité de se reposer, stimulé en permanence… c’est devenu rapidement compliqué à gérer.

Bref, pour un séjour entre amis qui se passe bien, il faut, soit avoir globalement le même rythme, soit des espaces de vie assez indépendants pour pouvoir occuper et coucher les enfants selon leur rythme et leur permettre aussi de se calmer loin des autres (ou encore mieux le même rythme et des espaces indépendants !).

3. L’âge des enfants et la vision de la sécurité

L’idéal est que les enfants aient à peu près le même âge. L’ado seul(e) risque de traîner ostensiblement son ennui s’il n’est entouré que d’adultes ou d’enfants plus jeunes que lui. Le petit de six ans qui perd systématiquement face aux ados risque lui aussi de bien montrer sa frustration.

Nous sommes à chaque fois partis en vacances avec des amis dont les enfants avaient globalement le même âge que les nôtres et ils ont bien joué ensemble, tout en faisant attention à ce que les grands intègrent bien les plus petits dans leurs jeux.


Qui dit enfants d’âge différent, dit souvent vision différente de la sécurité. En effet, les parents d’un bébé à quatre pattes n’appréhenderont pas de la même manière l’escalier très raide et à marches ouvertes menant à l’étage que des parents d’enfants plus âgés. Il est important de préciser, avant la réservation ce qui est indispensable pour nous. Il vaut mieux passer pour le stressé de la sécurité avant de partir que passer un séjour sur les dents. Pour moi, ce qui est rédhibitoire, c’est une piscine en accès libre. Je veux forcément une barrière haute et fermée à clé autour de la piscine (s’il y en a une). Ce n’est pas négociable, c’est peut-être dommage mais au moins, je n’ai pas été exécrable et stressée tout le séjour…

4. L’entente entre les enfants

Nous avons beau être ami depuis très longtemps avec les parents, il n’y a aucune certitude que nos enfants s’entendront bien ou au moins se supporteront. Nous avons eu de la chance car il y a eu, à chaque séjour, une belle complicité qui s’est installée entre les enfants.

Quand cela fonctionne, c’est un vrai plaisir. Les enfants jouent ensemble et on peut tranquillement boire l’apéro et discuter entre adultes en les surveillant d’un coin de l’œil.

Nous avons la chance d’être devenus amis avec les parents des meilleurs amis de la crèche de notre grand. Nous sommes donc partis à trois familles : six adultes et dix enfants. Les grands se connaissaient et s’appréciaient, les petits frères et sœurs aussi  (dans la même crèche). Peu de disputes car ils ont appliqué les règles de la crèche pour gérer les conflits… bref, un petit côté colonie de vacances mais malgré tout des vacances reposantes !

Nos expériences avec nos amis et leurs enfants se sont aussi bien passées. Mais nos enfants ne sont pas toujours amis avec les enfants de nos amis. Il vaut mieux dans ce cas essayer de garder un programme différent en journée ou de trouver un atelier dans un musée où inscrire les enfants afin qu’ils soient aussi en contact avec d’autres enfants.

5. L’éducation et la politesse

La pierre d’achoppement est parfois liée à l’éducation et à la politesse. Nos amis n’ont peut-être pas la même vision de l’éducation que nous.

Comment justifier auprès de son enfant le fait qu’on ne va pas lui faire un menu spécifique à base de pâtes et glaces si le petit voisin est systématiquement débarrassé de son assiette de légumes à la moindre protestation ? Le brossage des dents est-il une option facultative en vacances ? « S’il-te-plaît » et « merci » sont-ils dépassés ? La télé au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter et au dîner est-elle indispensable ?

Il vaut mieux en parler calmement entre adultes (une fois les enfants couchés) pour trouver un compromis entre les règles de chacun afin de garantir une bonne entente le temps du séjour. Les enfants seront, en général, très intéressés de découvrir d’autres règles. Mais, là aussi, avoir son espace indépendant permet de souffler.

Si un enfant dépasse les bornes, comment réagir ? Il ne s’agit bien sûr pas de tout accepter mais il est délicat de réprimander un enfant qui n’est pas le nôtre. Il est fort possible que le parent le prenne mal mais il n’est pas non plus acceptable de tout accepter ou de demander à nos enfants de tout accepter. Là aussi, il vaut mieux en parler à tête reposée, entre adultes afin d’essayer de trouver une solution.

6. Le programme des vacances

Comment chaque famille conçoit-elle les vacances ? Tous ensemble du lever au coucher ? Semaine farniente-plage ? Découverte du patrimoine de la région ? Campagne ou ville ?

Il vaut mieux préciser ses attentes avant de réserver les vacances et essayer de trouver un équilibre entre sorties communes et programme à part pour respecter les goûts et les intérêts de chacun (notamment si les enfants ne sont pas tous du même âge).

La question du budget se pose aussi. Si une famille a clairement un budget inférieur ou supérieur à l’autre, comment faire pour que chacun soit satisfait ? Là aussi, il vaut mieux en parler avant. Préciser son budget maximum pour la location, ses envies pour les repas (à la maison, au restau ?).

En conclusion, les vacances entre amis peuvent être des moments inoubliables, en bien ou en mal… Le plus important est de clarifier les attentes de chacun avant de réserver, d’avoir un espace suffisamment grand (voire indépendant) et de commencer d’abord avec une période courte (week-end, une semaine).

Et bien sûr… de bien choisir les amis avec qui on veut partir !

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