En lisant l’article d’Anne-Lise sur la façon dont on peut gérer le regard des autres quand on apprend une langue, j’ai appris qu’elle participait à un événement inter-blogueurs organisé par Sarah et dont le thème général était « gérer le regard des autres« .

Être différent

Au fil des années, j’ai réussi à me détacher du regard des autres, ou à moins y prêter attention. Ce ne fut pas simple mais j’essaie de transmettre ce message à mes enfants. Jusqu’à présent, ils n’y étaient pas vraiment confrontés. Leur particularité d’enfants bilingues est partagée par un grand nombre de leurs amis et ils sont bien intégrés dans leur école et les associations sportives qu’ils fréquentent.

La question du regard des autres est apparue à la naissance de notre petite. Assez vite, nous avons remarqué qu’elle avait des problèmes de santé et nous sommes entrés dans une course folle de consultations de spécialistes et d’examens médicaux pour comprendre ce qui se passait jusqu’à ce que nous ayons un diagnostic il y a un an. Notre petite a une maladie génétique extrêmement rare et assez peu connue des médecins car celle-ci n’est identifiée que depuis quelques années. Nous nous sommes beaucoup interrogés sur ce que nous voulions transmettre comme informations à nos enfants, notre famille, nos amis ainsi qu’aux personnes côtoyant notre fille.

Informer, prévenir, expliquer

Nous avons tout de suite expliqué à nos enfants que nous avions eu un diagnostic pour leur petite sœur. Avec des mots simples et en utilisant une vidéo d’Il était une fois la vie et le livre L’incroyable aventure de la génétique, nous avons expliqué aux deux grands ce qu’était une maladie génétique. Ils nous en reparlent régulièrement et nous essayons de répondre à leurs questions et à leurs inquiétudes.

Nous avons aussi expliqué à nos amis et à nos familles ce qu’il en était et avons immédiatement reçu un soutien sans failles. Par l’intermédiaire du blog, j’ai aussi fait la connaissance d’autres mamans qui m’ont aidée et soutenue (un coucou en particulier à Famille en chantier et à Working Mutti mais aussi à toutes les autres pour leurs gentils mots).

Nous avons bien sûr informé la crèche où la petite va et la directrice et toute l’équipe des éducatrices ont été immédiatement compréhensives et motivées. C’est une vraie réussite car ma fille est heureuse à la crèche et y apprend beaucoup. Mais nous avons aussi informé l’école des deux grands et leurs maîtresses afin qu’elles ne soient pas surprises si le grand frère ou la grande sœur aborde un jour le sujet en classe.

Quand aux autres personnes (parents d’enfants, autres enfants, etc.), nous avons beaucoup hésité. Malgré quelques expériences malheureuses, nous avons décidé de dire la vérité à tous, de montrer aussi à nos enfants que ce n’était pas quelque chose qu’il fallait cacher. Nous parlons librement, informons assez rapidement les gens que notre fille a en effet un retard de développement et une maladie génétique. Selon la personnalité et la réaction de la personne, nous adaptons notre discours.

Un retour positif

Les gens sont, en général, soulagés de savoir et n’ont plus peur de faire un impair en nous adressant la parole. Les parents de la crèche ont bien remarqué que notre fille a marché beaucoup plus tard, qu’elle ne parle pas et que nous utilisons la langue des signes avec elle alors qu’elle est entendante. Certains nous disaient bonjour avec gentillesse mais n’osaient apparemment pas nous parler.

Lors de la dernière réunion des parents de la crèche, j’en ai profité pour l’annoncer à tous les parents présents. Depuis, des mamans sont venues me parler, me dire que leur enfant aime beaucoup notre fille, parle d’elle à la maison ou me raconter de petites anecdotes de la crèche que nous ne connaissons pas puisque notre fille ne peut pas nous les raconter. Nous n’avons pas eu de remarques négatives.

Ce qui est important aussi, pour moi, est d’apprendre à ma fille à être fière d’elle, fière de son caractère affirmé et de sa volonté d’acier à atteindre ses objectifs, même s’ils sont d’apprendre à dire des mots et à sauter alors qu’elle a trois ans. Mais aussi que son frère et sa sœur soient fiers d’elle et d’eux-mêmes car ils sont un soutien sans faille et un modèle au quotidien pour elle.

Modèles pour rire, plaisanter, jouer, faire des bêtises et s’aimer.

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