Le week-end dernier, je suis allée découvrir Mâcon, la préfecture de la Saône-et-Loire. A l’origine de ce voyage, il y a l’invitation de l’office du tourisme de Bourgogne-Franche-Comté à participer à l’un des « fantastics picnics » organisés le week-end du 11-12 septembre 2021. J’avais deux critères précis : la ville devait être rapidement accessible en train depuis l’aéroport de Lyon et je voulais découvrir un nouvel endroit. Parmi tous les événements proposés, Mâcon répondait parfaitement à mes critères.

La ville de Mâcon s’est développée sur la rive droite de la Saône, à l’est des monts du Mâconnais (dont la célèbre Roche de Solutré, visible depuis Mâcon) et à 70 km au nord de Lyon.

Dès l’Antiquité, Mâcon (Matisco) est un oppidum et un port des Éduens. Sa proximité fluviale et terrestre avec la capitale des Gaules lui permet de s’enrichir et de se développer à partir du site originel, le plateau de la Baille… Les bases du rempart et d’habitations gaulois y ont été retrouvées lors des grands travaux de terrassement des années 1960 (ayant entraîné la destruction d’un patrimoine médiéval et moderne).

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Au Moyen-Âge, Mâcon est en position de frontière, le duché de Savoie appartenant au Saint-Empire romain germanique. La ville s’enrichit et s’agrandit, à l’abri derrière ses remparts. Au XVIe siècle, la proximité avec la Suisse fait de Mâcon l’une des portes d’entrée du calvinisme dans le royaume français et la ville se déchire lors des guerres de religion.

L’enfant du pays, omniprésent, est Alphonse de Lamartine, né à Mâcon en 1790. Il est issu d’une famille noble locale et grandit dans le château familial de Milly-Lamartine, petit village situé à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Mâcon. Très attaché au Mâconnais, il revient régulièrement dans la région et s’implique dans la vie politique et culturelle locale.

Enfin, pendant la Seconde Guerre mondiale, Mâcon est en zone libre, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ligne de démarcation. Un livret a d’ailleurs été consacré en 2012 à la résistance mâconnaise. Il est peut-être encore disponible auprès de la mairie de la ville.

Découvrir la ville

Le centre historique de Mâcon est rapidement accessible depuis la gare et j’ai donc d’abord rejoint la place Saint-Pierre bordée par l’église Saint-Pierre, l’Hôtel de Ville et l’office du tourisme. J’ai suivi en grande partie le « tracé de la plume » qui est un parcours de la ville qui permet de découvrir les principaux bâtiments historiques (et leur présentation sur le plan, une application ou sur des panneaux).

L’église Saint-Pierre est en style néo-roman, construite dans les années 1860. Percée de nombreuses fenêtres, sa longue nef est lumineuse. L’une des chapelles permet d’admirer une fresque (1941) du peintre vietnamien Mai Thu, dédiée aux soldats morts pendant la Première Guerre mondiale.

En face de l’église, le bel Hôtel de Ville est d’abord un hôtel particulier construit vers 1750 par Abel-Michel Chesnard de Layé. Après des changements de propriétaires, il est agrandi puis acheté par la ville en 1792 pour y installer la mairie.

Poursuivant ma balade par la rue Carnot puis la rue Dombey, je découvre des immeubles dominés par les tons ocres, puis la magnifique Maison de Bois. Construite à la fin du XVe siècle, elle est très vraisemblablement la maison la plus ancienne de Mâcon mais peu d’informations précises sont connues à son propos. Sa façade recouverte de bois montre des animaux fantastiques, des hommes plus ou moins vêtus et des scènes grivoises. Le fait qu’une partie seulement du bâtiment soit recouverte de bois ajoute encore au mystère de cette habitation.

En poursuivant par la rue Franche, on découvre le Vieux-Saint-Vincent, les ruines de l’ancienne cathédrale Saint-Vincent, à la fois romaine et gothique. La cathédrale, construite malheureusement sur un sol assez instable et en pente, connut de nombreuses destructions et reconstructions qui la fragilisèrent. En 1795, le département propose de raser un édifice abimé et dont la restauration aurait été très onéreuse. La destruction commence en 1799 mais épargne finalement le narthex, les deux tours et la travée les reliant.

C’est assez destabilisant de voir les ruines de cette cathédrale entourées directement par des immeubles d’habitations récents. On peine à imaginer sa splendeur passée, même si ses deux tours restent un signe distinctif de la ville de Mâcon.

La pluie menaçant, je suis partie me réfugier au Musée des Ursulines. Les collections permanentes et l’exposition temporaire étant vraiment très intéressantes, le musée fait l’objet d’un article séparé.

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Je suis ensuite allée découvrir la cathédrale Saint-Vincent, située en face de l’Hôtel-Dieu. Néoclassique, financée par Napoléon Ier, elle est dédiée à Saint-Napoléon, puis à Saint-Louis pendant la Restauration et enfin à Saint-Vincent à partir des Cent-Jours. C’est l’église où les obsèques de Lamartine sont célébrées en 1869. J’ai été surprise par le contraste entre l’austérité de l’extérieur et le rose et la décoration de l’intérieur.

Le square de la Paix est un bel espace où se promener et où réfléchir à l’histoire et à la façon de l’appréhender. En effet, face au monument aux morts des Première et Seconde Guerres mondiales se trouve celui consacré aux victimes de l’occupation allemande et de la milice française. C’est rare que le rôle de la milice dans la collaboration et la répression soit ainsi rappelé.

En repartant en direction de la Saône, j’ai découvert l’Hôtel Senecé, siège de l’Académie de Mâcon. Cette dernière est une société savante fondée au début du XIXe siècle et qui fut, un temps, dirigée par Alphonse de Lamartine. Une boutique de vêtements non genrés et inclusifs est ouverte les après-midis. Plus de renseignements sur la marque B+B et son créateur, Fabrice Couturier, sur leur site internet.

Les rives de la Saône

J’ai été surprise par la largeur et le débit de la Saône. Les quais ont été aménagés pour la promenade sur la rive droite (celle de Mâcon) et sur la rive gauche (celle de Saint-Laurent-sur-Saône, dans le département de l’Ain). La vue est magnifique.

Le quai Lamartine (côté Mâcon) permet d’apprécier les tons ocres des maisons et de retrouver ce petit air méridional qui caractérise la ville. L’esplanade Lamartine reprend les vers du poème Le lac.

Le pont Saint-Laurent, placé sous la protection de Saint-Nicolas, saint patron des bateliers, est le plus ancien pont de Mâcon et est un pont de pierre réalisé à partir du XIe siècle. Il dessert la petite ville de Saint-Laurent-sur-Saône (article à venir la semaine prochaine).

La plus belle vue sur la ville ?

Le fantastic picnic était organisé le samedi midi à l’hôtel Panorama 360 et j’ai donc décidé d’y loger pour la nuit du vendredi au samedi. C’était un hôtel très agréable qui dispose d’une terrasse panoramique sur laquelle un restaurant-bar a été installé. Ce dernier est accessible aussi aux personnes ne séjournant pas à l’hôtel. Le bâtiment est l’ancien Hôtel des Postes.

De nombreux détails insolites

J’ai eu la chance de participer à une visite guidée insolite de Mâcon proposée par l’office du tourisme, dans le cadre du fantastic picnic.

J’ai ainsi appris que Mâcon avait aussi un système de traboules, comme Lyon. Les traboules sont des passages couverts pour piétons qui permettent de traverser des bâtiments et donc de rejoindre une autre rue sans ressortir. Les traboules mâconnaises permettent de découvrir de magnifiques objets, comme cette poutre pluricentenaire sculptée.

Une grande partie d’entre elles ont été fermées et ne débouchent plus dans d’autres rues mais dans des cours intérieures.

Mâcon possède aussi de nombreuses portes et fenêtres travaillées et de beaux trompe-l’oeil.

Ces deux jours à Mäcon m’ont beaucoup plu et j’ai bien apprécié mes promenades mais aussi la visite proposée par l’office du tourisme. N’hésitez pas à venir passer quelques jours ici, seul, en couple ou en famille ! C’est une ville très agréable, au riche patrimoine.

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