Nous sommes allés à plusieurs reprises nous promener au bord de la tourbière d’Himmelmoor (au nord-ouest de Hambourg), alors quand le grand-père de mon mari nous a proposé d’aller en découvrir une à Ainring, juste à la frontière avec Salzbourg, nous étions bien sûr partants.

Où se garer : nous étions en période de Lockdown et nous sommes garés sur le parking de la Gasthaus Doppler, où nous avions d’ailleurs commandé le déjeuner à emporter. La qualité est excellente, les quantités sont généreuses, il faut juste penser à venir avec ses récipients. Adresse : Gasthaus Doppler, Adelstetten 40, D-83404 Ainring. D’autres parkings sont disponibles et l’endroit est aussi accessible en une demi-heure à pied depuis la gare d’Ainring (desservie par les RB et S-Bahn en provenance de Salzburg, Freilassing et Berchtesgaden).

Depuis le parking, nous sommes partis en direction du sud et avons assez vite trouvé le parcours fléché.

Il y a 15 000 ans, le glacier du Salzach (Salzachgletscher) qui recouvrait la région a commencé à fondre : de nombreux rivières et lacs sont apparus. Une cuvette s’est formée au niveau d’Ainring dans laquelle les eaux de fonte se sont accumulées. Progressivement, des déchets organiques sont tombés au fond du lac et se sont, au fil des siècles, transformés en tourbe.

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Le massif de l’Untersberg

La tourbe (der Torf en allemand) est connue pour ses propriétés énergétiques. C’est un combustible, pratique et bon marché. D’autres utilisations sont possibles, notamment en agriculture ou pour l’isolation. Cependant c’est une énergie que l’on ne peut pas qualifier de renouvelable, il faut en effet au minimum un siècle pour fabriquer 5 cm de tourbe. La tourbe actuellement exploitée a ainsi entre 3000 et 12000 ans. Par ailleurs, son exploitation provoque la destruction d’un espace naturel et sa combustion dégage des poussières importantes. De plus en plus de voix s’élèvent contre l’exploitation et la destruction d’un espace unique abritant une faune et une flore particulières. La Suisse et la Wallonie (Belgique) en ont déjà interdit son exploitation depuis plus d’une vingtaine d’années.

L’Ainringer Moos a été exploité de façon artisanale, sur de petites surfaces jusqu’au XIXe siècle et la tourbe extraite était vendue comme combustible aux salines de Bad Reichenhall, aux fours à chaux de Rott et à la fabrique de fers à cheval de Hammerau.

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Après la Première Guerre mondiale, l’exploitation de la tourbe passe à un niveau industriel avec la construction des premières voies ferrées (en 1920).

En tout, treize kilomètres de voies ferrées et 38 aiguillages furent construits pour l’exploitation. Les rails encore présents en font une excursion particulièrement adaptée avec des enfants, la longue gare et le train permettant de se représenter son exploitation. Celle-ci a cessé en 2003 et les rails ont été peu à peu démontés pendant que la renaturation commençait.

Nous n’avons pas pu visiter le Torfmuseum (fermé du fait du Lockdown) mais des visites guidées ou diverses manifestations sont proposées.

La petite tour en bois permet de prendre un peu de hauteur et d’observer le lieu et la faune nous environnant, tout en profitant de la magnifique vue sur le massif de l’Untersberg.

Nous avons beaucoup apprécié cette excursion, le lieu est très intéressant et les paysages sont magnifiques. Les enfants s’en sont donnés à cœur joie en marchant sur les rails et en s’imaginant différentes histoires d’exploration et de découverte.

Nous avons hâte de pouvoir revenir en Bavière et de franchir la frontière pour aller du côté de Salzbourg.

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